Le mardi, le plus grand musée du monde ferme ses portes. Joseph, le gardien, y fait seul sa ronde, de salle en salle, et les amis de Ma petite madeleine ont le privilège de l'accompagner. Suivons-le.
Le mardi, le Louvre est fermé. Les visiteurs ne viennent pas, les caisses restent vides et la grande pyramide de verre brille toute seule au milieu de la cour. Pour Joseph, c'est le plus beau jour de la semaine. Il est gardien depuis vingt ans et, ce jour-là, il fait sa ronde dans un musée silencieux.
Il commence par le sous-sol, où l'on voit encore les murs du château fort que le roi Philippe Auguste a fait construire vers 1190. « Avant d'être un musée, le Louvre a été une forteresse, puis un palais », aime-t-il raconter. Les rois de France y ont vécu, jusqu'au jour où Louis XIV a choisi d'installer la cour à Versailles.
Au rez-de-chaussée, la Vénus de Milo l'attend sur son socle ; elle a perdu ses bras, mais pas sa beauté. Joseph monte ensuite l'escalier Daru, le plus majestueux du musée. Tout en haut des marches, la Victoire de Samothrace ouvre ses ailes de pierre : elle n'a plus de tête, et pourtant elle semble toujours avancer contre le vent.
Puis il entre dans la salle de la Joconde. Derrière sa vitre, Mona Lisa, peinte par Léonard de Vinci, sourit. Les autres jours, des milliers de personnes se pressent devant elle ; aujourd'hui, Joseph est seul. Il la salue, comme une vieille amie.
Le soir venu, Joseph s'arrête devant La Liberté guidant le peuple, la grande toile d'Eugène Delacroix. Le drapeau tricolore à la main, la Liberté entraîne le peuple de Paris. Joseph éteint sa lampe ; elle, la Liberté, ne s'arrête jamais.