Harpagon ne vit que pour sa cassette, qu'il a enterrée au fond de son jardin. Le voici qui découvre qu'on la lui a prise : il entre en scène hors de lui. C'est le plus célèbre monologue de Molière. Écoutez-le, puis lisez-le. Trois exercices et un Bonus, cinq minutes.
HARPAGON
(Il crie au voleur dès le jardin, et vient sans chapeau.)
Au voleur ! au voleur ! à l'assassin ! au meurtrier ! Justice, juste Ciel ! Je suis perdu, je suis assassiné ! on m'a coupé la gorge, on m'a dérobé mon argent. Qui peut-ce être ? Qu'est-il devenu ? Où est-il ? Où se cache-t-il ? Que ferai-je pour le trouver ? Où courir ? Où ne pas courir ? N'est-il point là ? N'est-il point ici ? Qui est-ce ? Arrête. Rends-moi mon argent, coquin… (Il se prend lui-même le bras.) Ah ! c'est moi. Mon esprit est troublé, et j'ignore où je suis, qui je suis, et ce que je fais. Hélas ! mon pauvre argent, mon pauvre argent, mon cher ami, on m'a privé de toi ; et puisque tu m'es enlevé, j'ai perdu mon support, ma consolation, ma joie ; tout est fini pour moi, et je n'ai plus que faire au monde : sans toi, il m'est impossible de vivre. C'en est fait, je n'en puis plus ; je me meurs, je suis mort, je suis enterré. N'y a-t-il personne qui veuille me ressusciter en me rendant mon cher argent, ou en m'apprenant qui l'a pris ? (…)
Molière, L'Avare, 1668.
1. Le voleur a blessé Harpagon. vrai / faux
2. Dans son trouble, Harpagon croit tenir le voleur. vrai / faux
3. Harpagon parle à son argent comme à un être cher. vrai / faux
4. Harpagon sait qui l'a volé. vrai / faux
5. Pour Harpagon, perdre son argent, c'est perdre la vie. vrai / faux
Réécrivez ces phrases en français d'aujourd'hui.